NOTICE MERIMEE
Explication des champs

REFERENCES DOCUMENTAIRES

REF : IA46101085
RENV : PA00095282
ARCHEO :
DENQ : 2004 ; 2008
COPY : (c) Valérie Rousset pour Conseil Général du Lot ; (c) Inventaire général Région Midi-Pyrénées ; (c) Conseil général du Lot
DBOR : 2006
NOMS : Rousset Valérie ; Séraphin Gilles ; Scellès Maurice
ETUD : enquête Conseil Général du Lot, Inventaire Général : inventaire préliminaire des églises médiévales
DOSS : individuel

DESIGNATION

DENO : église paroissiale
GENR :
PDEN :
VOCA : Notre-Dame de l'Assomption
APPL :
ACTU :
TICO : église paroissiale Notre-Dame de l'Assomption
PART :
REFP :
COLL :

LOCALISATION

REG : Midi-Pyrénées
DPT : 46
COM : Le Vigan
INSEE : 46334
PLOC :
AIRE : Lot
CANT : Gourdon
LIEU : Le bourg
ADRS :
EDIF :
REFE :
CADA :
ZONE : Lambert II étendu
COOR : 528884 X ; 1971545 Y
COORM :
IMPL : en village
HYDR :

HISTORIQUE

SCLE : 2ème moitié 13e siècle ; 1er quart 14e siècle (?)
SCLD : 4e quart 11e siècle ; 15e siècle (?)
DATE :
JDAT :
AUTR : Chaine Henri (architecte des monuments historiques)
JATT : attribution par source
PERS :
REMP :
DEPL :
HIST : La première mention du Vigan apparaît entre 898 et 902, et il s'y trouve alors un petit monastère dédié à la Vierge où l'on conserve les reliques de sainte Charité (J. Lartigaut, op. cit.). En 1077 (P. et T. Gérard, op. cit.), plutôt qu'en 1083-1085 (C. Freigang, op. cit., p. 518), l'évêque de Cahors Géraud de Gourdon donne Sainte-Marie du Vigan, où l'on honorent les reliques des vierges Foi, Espérance et Charité et de sainte Sophie leur mère, aux chanoines de Saint-Sernin de Toulouse, afin d'y établir la vie canoniale ; l'église est en mauvais état (J. Lartigaut, op. cit.) et elle est rebâtie dans le dernier quart du 11e siècle : des fouilles réalisées en 1953 ont permis de retrouver les vestiges de la façade occidentale et des chapiteaux qui ont été datés des environs de 1100 (M. Durliat, op. cit.). Possession de Saint-Sernin de Toulouse jusqu'au milieu du 12e siècle, Le Vigan passe ensuite sous la protection de l'archevêque de Bourges. Lors de sa visite du diocèse de Cahors en mars-avril 1285 (E. Depeyre, op. cit., p. 289-295), l'archevêque Simon de Beaulieu y demeure trois jours : il tient audience dans "le cloître de l'église", mention trop vague pour nous apporter une quelconque indication sur les bâtiments. En revanche, on apprend à l'occasion de sa visite d'avril 1290 que, bien que le prieuré soit considéré comme régulier, les chanoines ont chacun leur chambre et qu'ils n'ont ni réfectoire ni dortoir commun, et qu'ils n'ont pas fait de voeu ; surtout, "le prélat ayant vu que l'église qui avait été commencée sur un très grand pied, ne serait terminée qu'à grand peine et peut-être jamais, voulut et ordonna que le prieur donnât une prébende pour cette oeuvre, et accorda une indulgence à ceux qui feraient de pieuses aumônes dans ce but" (E. Depeyre, op. cit., p. 311-313). En 1309, l'évêque de Cahors Raymond de Pauchel s'empare du prieuré et l'érige en abbaye (L. Ayma, op. cit.). Les bâtiments auraient été dévastés pendant les guerres de Religion, mais l'église n'en porte pas les traces. Le chapitre est supprimé en 1793, et l'église devient paroissiale en remplacement de l'église Saint-Gall qui est abandonnée ; les bâtiments conventuels sont vendus comme Biens nationaux et détruits par la suite afin d'agrandir le foirail et de "démasquer l'église par la démolition des vieux murs qui entourent ce bel édifice" (Lartigaut, op. cit.). L'église qui nous est parvenue a longtemps été datée du 14e siècle, voire du 15e siècle. La proposition la plus récente (C. Friegang, op. cit.), situe le début des travaux peu après 1285, et leur achèvement dans les années 1320-1340 : l'analyse reste globalement recevable, mais la chronologie doit être révisée, car elle s'appuie en partie sur la datation après 1309 du massif occidental de la cathédrale de Cahors, qui est aujourd'hui daté des années 1280. Le point de repère le plus sûr est donné par la visite de Simon de Beaulieu en 1290 : le chantier est alors suffisamment avancé pour que l'archevêque s'inquiète de l'achèvement d'un projet aussi ambitieux. Qu'il ne soit pas fait mention de travaux en cours en 1285 ne peut être un argument pour placer le début du chantier après cette date, et de fait les formes (tore en amande, chapiteau à corbeille lisse polygonale, tailloirs épais et bagues prolongés en cordons...) invitent à dater le chevet des années 1250-1270. Les travaux sont-ils interrompus en 1290 ? L'archevêque prend en tout cas des mesures pour en assurer le financement. La façade occidentale dont la composition rappelle celle du massif occidental de la cathédrale de Cahors peut être réalisée dans la dernière décennie du 13e siècle, ou au tout début du 14e siècle. Le projet n'a cependant pas été mené à son terme : l'épaisseur de l'arc doubleau placé entre la deuxième et la première travée de la nef et celle des murs de celle-ci, ainsi que les pierres d'attente au-dessus des voûtes, indiquent que l'on avait prévu un massif occidental, à l'instar de celui de Cahors. Dans la nef, le parti initial a été modifié : conservé dans l'élévation sud, le tracé presque en plein cintre d'un premier arc formeret correspond à une travée carrée qui a été remplacée par deux travées rectangulaires adaptées à l'implantation du massif occidental. Les départs de nervures laissés en attente, les traces étagées d'arcs formerets, le dessin parfois incertain des arcs témoignent sans doute d'hésitations lors du voûtement de la nef. Les clefs de voûte de la deuxième travée de la nef et de la chapelle nord pourraient en outre indiquer des réfections postérieures au 15e siècle, mais nous ne savons rien de travaux éventuellement survenus à l'époque moderne. Au milieu du 19e siècle, la charpente, la voûte et la rose de la façade menacent ruine, et des réparations sont engagées. Mais ce n'est qu'avec le classement de l'édifice au titre des Monuments historiques, en 1893, que débutent les véritables campagnes de restauration : les couvertures du chevet sont entièrement refaites et modifiées en 1910-1911 par l'architecte des Monuments historiques Henri Chaine, puis la nef est restaurée en 1921 (C. Freigang, op. cit., p. 524-525).

DESCRIPTION

MURS : grès ; pierre de taille
TOIT : tuile plate ; ardoise
PLAN : plan allongé
ETAG : 1 vaisseau
VOUT : voûte d'ogives
ELEV :
COUV : toit à longs pans ; croupe ; croupe polygonale ; toit en pavillon
ESCA :
ENER :
VERT :
DESC : L'église se trouve aujourd'hui isolée au centre du bourg, après la démolition au 19e siècle de la quasi totalité des bâtiments du monastère, la documentation identifiant encore à cette époque le grenier et le cuvier du chapitre, la grange du doyenné, la maîtrise et, au nord-ouest, l'Ouvrerie, le seul à avoir en partie subsisté. L'ensemble formait un polygone entouré d'un fossé déjà mentionné en 1280. La reconstruction de l'église au 13e siècle a dû tenir compte des bâtiments environnants, mais c'est peut-être la difficulté d'établir les fondations (dont la faiblesse a imposé d'importants travaux au 20e siècle) qui est à l'origine du fort désaxement de la nef par rapport au chevet : on a pu choisir d'implanter les parties orientales en utilisant, outre le rocher, les fondations préexistantes de l'église du 11e siècle, dont la base de la façade a été retrouvée en 1953 au milieu de la nef actuelle. Le plan du chevet est exceptionnel. Il se compose d'une abside et de deux absidioles polygonales précédées chacune d'une travée droite dont l'ensemble forme une sorte de transept sur lequel ouvrent deux chapelles de plan hexagonal irrégulier. La liaison avec la nef plus étroite est assurée par deux espaces triangulaires dont les voûtes sont à la même hauteur que celles de la nef, définissant de ce fait une travée orientale à pans coupés qui reprend, sur une échelle plus large, le plan de l'abside (C. Freigang, op. cit., p. 528). A la multiplication et l'étagement des masses du chevet répond le fractionnement intérieur des volumes, accentué par les arcs doubleaux et la multiplication des supports. La nef a en revanche été conçue comme un grand volume unique, en dépit du puissant doubleau occidental. Un portail ouvre au nord dans la travée orientale de la nef, un autre au sud dans la deuxième travée. A l'ouest, le portail est surmonté d'une grande rose à réseau. Des ruptures d'assises sont visibles dans les chapelles, dans les murs obliques entre le chevet et la nef et dans les murs de la nef. Les premières, si elles marquent des étapes dans la construction, ne signalent sans doute pas des interruptions significatives du chantier ; en revanche, celles de la nef correspondent à un changement de parti qui voit l'abandon de la travée carrée (C. Freigang, op. cit., p. 530-531). Le décor sculpté est rare. A l'intérieur il est réservé aux seules clefs de voûte ; à l'extérieur, il est limité aux culots du portail nord, et aux chapiteaux du portail ouest dont il faut noter la très grande similitude des feuillages avec ceux du portail sud de Saint-Pierre de Gourdon. Christian Freigang (op. cit., p. 535-539) a souligné ce que l'architecture du Vigan devait aux formes du 12e siècle et comment la persistance de ces formules anciennes s'insérait dans ce premier style gothique du Quercy ; la présence de liernes lui paraît confirmer un lien avec le style plantagenêt. Des rapprochements peuvent être proposés avec l'église de Salviac, celle de Saint-Pierre et le couvent des cordeliers à Gourdon, la salle capitulaire de Saint-Sauveur de Figeac... pour s'en tenir au Lot. On peut ajouter l'église de Rudelle où l'on retrouve les chapiteaux à corbeille polygonale lisse, les cordons horizontaux qui lient les tailloirs et les bagues des colonnes engagées, les tores en amande, les voûtes à liernes...
TECH : sculpture ; vitrail
REPR : ange ; agneau mystique ; ornement végétal ; colombe du Saint-Esprit ; armoiries ; saint
PREP : Les clefs de voûte portent un ange (abside), l'Agneau mystique (absidiole nord), une main tenant une clef double (absidiole sud), une croix (chapelle sud), un décor de feuillage (travée droite sud), une main bénissante (travée droite nord), un soleil tournant (chapelle nord), la colombe de l'Esprit (travée orientale de la nef).
Armoiries non identifiées sur la clef de voûte de la 2e travée de la nef : écartelé aux 1 et 4 de (...) à la bande de (...), aux 2 et 3 de (...) au lion de (...), au chef cousu de (...) à (3 pièces non identifiées) de (...). Elles ont été prises pour celles de l'évêque Antoine d'Alamand (C. Freigang, op. cit., p. 534), ce qui ne paraît guère possible en raison de l'absence de fleurs de lys sur le champ aux 1 et 4, et de l'ajout du chef ; on notera que l'écartelé est semblable aux armes des Durfort, et que les Durfort-Boissières étaient barons et marquis de Salviac et barons de Gourdon (L. Esquieu, Essai d'un armorial quercynois, Paris, 1907-1908, p. 97). Certains des fragments de vitraux historiés du 15e siècle (?) représentent des saints.
DIMS :
TYPO :
ETAT :

STATUT JURIDIQUE

STAT : propriété de la commune

INTERET ET PROTECTION

PROT : classé au titre immeuble
DPRO : 1893/10/18 : classé MH
PPRO :
APRO :
MHPP :
SITE :
INTE : à signaler
REMA :
OBS :

VISI : non

CHAMPS DE GESTION REGIONALE

VOIR_AUSSI :
DOCUMENT :
TEXTETUD :
SELECT : oeuvre sélectionnée
VALID : 1
NOTSUC : Révélatrice de la diffusion de l'art gothique dans le Midi de la France à la fin du 13 siècle, l’ancienne collégiale du Vigan adopte un parti architectural audacieux avec son chevet à triple abside. Avec l’arrivé des chanoines de Saint-Sernin de Toulouse et les largesses de nombreux bienfaiteurs, la collégiale du Vigan se dota à la fin du 11e siècle d’une nouvelle église dont on ne connaît seulement que quelques chapiteaux romans décorés d’entrelacs et découverts au cours de fouilles archéologiques dans les années 1950. Les religieux augustins furent par la suite placés sous l’autorité de l’archevêque de Bourges jusqu’au début du 14e siècle et auquel succéda l’évêque du diocèse de Cahors, Raymond de Pauchel, qui fit construire le massif occidental de l’église. L’église, devenue paroissiale au moment de la Révolution sous le vocable Notre-Dame de l’Assomption, est le seul témoin de l’enclos monastique dont les bâtiments, d’abord vendus comme bien national, furent ensuite rasés. Il s'agit donc d'un édifice gothique élevé au cours du dernier quart du 13e siècle, avec un chevet à trois absides et faux transept cantonné de deux chapelles latérales polygonales. La nef, unique et large dans la tradition méridionale, est précédée à l’Ouest d’un imposant massif édifié du début du 14e siècle dont l’austère façade est pourvue d’un portail orné de chapiteaux sculptés de feuillages.
PAYS : Pays Bourian
NOTB_G : Ayma (Louis), Histoire des évêques de Cahors, traduite de G. de Lacroix, Cahors, J.-G. Plantade, 1879 ; t. 1, p. 472-473. Depeyre (Etienne), Visites du diocèse de Cahors par Simon de Beaulieu, archevêque de Bourges 1285-1286 - 1290-1291, dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. XXV, 1900, p. 289-295, 311-312. Durliat (Marcel), Les chapiteaux romans du Vigan, dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. LXXXVI, 1965, p. 267-272. Lartigaut (Jean), Notes sur la topographie du Vigan, dans Bulletin de la Société des Etudes du Lot, t. LXXXVI, 1965, p. 233-251. Salaun (Gwennaëlle), La naissance de l'art gothique dans le Haut-Quercy, mémoire de D.E.A. sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger, Université de Toulouse-Le Mirail, 1992, vol. Répertoire p. CI-CIX, vol. Photographies fig. 213-228. Freigang (Christian), L'ancienne église collégiale Notre-Dame de l'Assomption du Vigan. L'histoire de sa construction et son importance pour l'architecture gothique du Quercy, dans Congrès archéologique de France. Quercy, 147e session, 1989, Société Française d'Archéologie, Paris, 1993, p. 517-542. Gérard (Pierre et Thérèse), Cartulaire de Saint-Sernin de Toulouse, Toulouse, Les Amis des Archives de la Haute-Garonne, 1999, t. II, vol. 2, p. 1026-1027.
NOTB_S :
EDI :